Ce texte est un peu long, mais j'espère que celui qui le liras jusqu'au bout apprendras autant que j'ai appris et comprendras ce que j'ai compris.
Ce jeudi 12 Juin, je quittais Nîmes en train, direction Langogne, pour rentrer dans ma Haute-Loire chérie. Avant d'arriver à Alès, le contrôleur annonça que le train n'irait pas plus loin et qu'un bus « était à notre disposition dans la cour de la gare ». Je devinais tout de suite que ces... de la SNCF étaient encore en grève, mais je me dis qu'il fallait relativiser et que j'arriverais un peu plus tard chez moi, voila tout.
Une fois dans le bus, le conducteur nous annonça qu'il n'allait que jusqu'à Génolhac, à 70 km de chez moi ! Mon énervement augmenta encore d'un cran et je me résolus à appeler mes parents afin qu'ils viennent me chercher en voiture.
C'est ainsi que vers 3 heures de l'après midi, je me trouvais perdu à Génolhac, au beau milieu des Cévennes, sans aucun moyen de rentrer chez moi. Je m'assis sur un banc et sortais une feuille pour mettre par écrit ma haine contre les égoïstes qui, bien sûr s'en foutaient complètement de ma situation. Il était évident que je pouvais aller me faire foutre pour me faire rembourser mon billet même si je n'avais pas fait la totalité du trajet.
J'étais donc en train d'écrire et réfléchir à la manière dont nous pourrions reconstruire un système juste et équitable lorsque j'entendis une voix derrière moi : « Salut. Tu vas où ? ». Je me retournais et je vis une jeune fille Punk avec un chien, me regardant en souriant. Je lui répondis que j'allais à Langogne, que j'étais dans la merde parce qu'il n'y avait aucun bus et que j'avais été obligé d'appeler mes parents pour qu'ils viennent me chercher. Elle m'informa qu'elle se rendait à Mende pour aller à l'anniversaire de son petit frère, qu'elle n'avait que le stop, mais qu'elle n'y croyait pas trop à cause de sa « sale gueule et de son chien ». Je lui proposais alors de l'emmener à Langogne où il y avait des bus privés à destination de Mende. Elle accepta avec plaisir et j'envoyais un message à ma mère pour lui dire qu'il y aurait une passagère en plus, avec un chien et de ne pas s'inquiéter des apparences.
Nous avons alors discuté. De son chien d'abord, il était super gentil et s'appelait Cambo. Ensuite, nous avons parlé de pleins d'autres choses que je garde pour moi. Nous en sommes venus à parler de l'homme, de ses comportements. Nous n'avions pas la même vision des choses et pourtant je me rendis compte que nos pensées avaient de nombreux points communs. Sans lui dire, je l'admirais énormément parce qu'elle avait le courage d'affirmer ses convictions, d'emmerder les préjugés. Je la sentais heureuse, avec son chien. Elle était heureuse d'aller à Mende pour l'anniversaire de son petit frère, même si elle n'avait pas beaucoup d'argent.
Bref j'aurais aimé lui dire « Tu as tout compris, et merci de m'avoir donné une leçon ». Je devinais sous cette apparence Punk, un c½ur d'or, BEAUCOUP PLUS BEAU QUE CELUI DE LA PLUPART DES GENS BIEN HABILLES. Ma mère et mon frère vinrent nous chercher et nous partîmes à Langogne.
Une fois arrivés à Langogne, nous apprîmes qu'un bus partait 20 minutes après en direction de Mende. Elle nous remercia de la manière la plus sincère. J'aurais aimé la remercier moi aussi.
J'ai beaucoup appris. D'abord, que les préjugés sont la forme la plus débile que peut prendre l'intolérance. Ensuite, que je me sentais tout petit face à un c½ur comme ça, et que si je m'étais cru un peu trop beau, je suis vite redescendu sur terre. Enfin, j'ai eu la confirmation que le bonheur le plus pur se trouvait dans l'entraide et que l'égoïsme tue tout, amène à l'égocentrisme, à l'orgueil et à la tristesse.
Merci Marik. J'espère te revoir un jour.